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L’expressionnisme décortiqué

Gravure, théâtre, sculpture, cinéma, littérature… Un dictionnaire pose des jalons pour se repérer dans un mouvement bouillonnant et multiforme.

Certains courants artistiques sont faciles à circonscrire. Ce qui est loin d’être le cas de l’expressionnisme… Ce terme générique englobe en effet une multitude de mouvements actifs dans tous les domaines artistiques autour des années 1910. Et, parler d’une expression exacerbée du moi et de ses angoisses, d’une liberté de facture ou d’une déformation de la réalité ne renvoie guère qu’au versant pictural de cette vague créatrice…

De Berlin aux Flandres
Le choix même du «dictionnaire» est moins propre à aider le lecteur à cerner ce mouvement qu’à en saisir la diversité. Une cinquantaine d’articles sont ainsi consacrés à certaines formes d’art (théâtre, architecture, cinéma, gravure, sculpture…), aux différents centres esthétiques (Berlin, l’Autriche, les Flandres…) ainsi qu’aux grandes figures de l’époque : Franz Kafka, Fritz Lang, Alban Berg, Bertold Brecht, Georges Rouault, Gustave de Smet, Wassily Kandinsky ou Constant Permeke. Autant d’artistes pour lesquels des gros plans sont proposés sur des œuvres phares comme La Nuit de Max Beckmann, Berlin Alexanderplatz d’Alfred Döblin ou La Pentecôte d’Emil Nolde…

Des absences remarquées
Si l’ensemble richement illustré satisfera les lecteurs à la recherche d’un premier aperçu, on peut regretter que la bibliographie ne donne guère de pistes d’investigation aux curieux. De même, l’index, où figurent des personnalités non retenues dans le cadre des notices, ne fait que souligner l’absence d’artistes - tels que le cofondateur russe du Blaue Reiter, Alexei von Jawlensky - auxquels on a préféré leurs célèbres précurseurs - de Van Gogh à Ensor -, peut-être au détriment de la compréhension du mouvement…


 Zoé Blumenfeld
09.10.2002