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Politique culturelle

Il est cinq heures, Paris est au musée

Du samedi 5 au dimanche 6 octobre, Paris vit sa première «Nuit blanche», marquée par l’ouverture de nombreuses institutions et par des interventions d’artistes.


Nam June Paik, One candle
© Agathe Lievens
PARIS. En mettant sur pied l’opération «Nuit blanche» qui mobilise plus de mille personnes pour un budget de 1,5 million €, Christophe Girard, l’adjoint à la Culture, s’est inspiré des manifestations qui animent les courtes nuits d’été, près du cercle polaire. Du samedi 5 octobre à 19 h 30 au lendemain à 8 h, les artistes investissent des lieux souvent méconnus du public, toujours choisis pour leur aspect «décalé». Bertrand Delanoë, le maire, espère de cet événement «un brassage culturel, générationnel». C’est pour cette raison qu’il l’a souhaité gratuit, malgré certains avis contraires. Jean Blaise, le directeur artistique, a concocté un programme marqué au sceau de l’art contemporain à l’image des Berlinois du Chaos Computer Club, qui investissent une façade de la BNF pour en faire une matrice interactive à partir de pixels géants. Ou de Claude Lévêque, qui réinvente l’atmosphère de la SUDAC, la mythique usine d’air comprimé du XIIIe arrondissement. Ou encore de l’inclassable Sophie Calle, qui s’installe au troisième étage de la Tour Eiffel - l’ancienne garçonnière de l’ingénieur Gustave.

Les musées sont de la partie
Les musées, qui ont l’habitude de dormir sur leurs deux oreilles, se joignent aux festivités. C’est à Nam June Paik qu’il revient d’animer la Grande galerie de l’évolution au Museum d’histoire naturelle, lieu évocateur s’il en est. Son installation, One candle, pourra être comparée à l’objet dansant de Christian Rizzo au palais Galliera ou aux facéties de Pierrick Sorin dans les vitrines des Galeries Lafayettes. Quant au Canadien Raoul Marek, sachant que la veille ouvre l’appétit, il invite à une rencontre culinaire au Musée Zadkine. Les «performeurs» se retrouvent en nombre au Plateau et au 104 rue d’Aubervilliers, qui a abrité les Pompes funèbres générales. L’ancien siège de la «Fédé» parisienne du PCF est transformé en galerie d’art pour dévoiler sa collection inédite. Ce riche programme est réparti dans toute la ville, les principaux sites étant reliés entre eux par des navettes de la RATP jusqu’à 6 h du matin. Le patrimoine n’est pas oublié : on peut visiter, sous la lune noire, le chantier de la Gaîté-Lyrique et près de trois cents monuments restent illuminés durant toute la nuit. Paris est bien la Ville-Lumière…


 Rafaël Magrou
04.10.2002