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Concha Benedito, fondatrice du Salon Mac 2000

Pour sa 18e édition, Manifestation d'art contemporain (Mac) 2000 présente 116 expositions personnelles de peintres et de sculpteurs.


Portrait de Concha Benedito
© Françoise Monnin.
Quelle est l'originalité de votre Salon ?
Conchita Benedito.
À Mac 2000, les artistes sont tous présents sur leur stand, durant toute la manifestation, où ils reçoivent les visiteurs et vendent leurs œuvres en direct. Et chaque artiste est représenté par une quinzaine de ses œuvres, montrées dans 18 m2. Un seul tableau ne représente pas un travail. Une exposition personnelle permet de se faire une bonne idée. Quand j'étais à la tête du Salon jeune peinture (de 1984 à 1989), c'était sympa, mais il ne se passait rien du tout. Ce n'était pas ce que je voulais. Alors j'ai monté Mac 2000. C'est bon que les autres salons continuent à exister mais j'ai voulu faire autre chose et ça marche. Je suis bien contente.

Mac 2000 en chiffres, c'est quoi ?
C. B.
Des centaines d'artistes découverts par un large public, depuis 18 ans : quand nous étions au Grand Palais, nous montrions cinquante peintres et cinquante sculpteurs. À présent, au Pavillon d'Auteuil, nous présentons environ cent vingt artistes, toutes techniques confondues. Chaque année, Mac 2000 est composé d'un tiers de nouveaux, d'un tiers ayant exposé l'année précédente et d'un tiers de Mac 2000 plus anciens (ceux qui participent à l'organisation de l'événement, ou qui se chargent de sa représentation ailleurs dans le monde). Bourdin, Akbas, Amblard, par exemple. La sélection est difficile, je reçois environ 2 000 dossiers chaque année. Côté visiteurs, la plupart sont des grands fidèles. Nous enregistrons en moyenne 30 000 entrées à chaque nouvelle édition (nous envoyons 14 000 invitations). Le soir du vernissage, quelle foule ! On ne sait plus où mettre les pieds. Côté ventes, à chaque fois, 1 000 travaux environ trouvent preneur. Rarissimes sont les artistes qui ne vendent rien. Certains vendent trois pièces, d'autres cinq, d'autres vingt, voire plus... Quant au budget, il est stable. 152 460 € de subvention du ministère de la Culture, auquel on ajoute 20 000 entrées payantes à 7,50 €, la vente du catalogue édité à 2 500 exemplaires (15 € pièce) et les cotisations des artistes (690 € par tête).

Les salons en France souffrent. Comment envisagez-vous le futur de Mac 2000 ?
C. B.
On va tenir. On fait tout le nécessaire pour cela. Si le Pavillon d'Auteuil ferme dans deux ans, pour travaux, on trouvera un autre endroit. Et quand je serai trop vieille, d'aures prendront le relais. Et si le ministère supprime une partie de notre subvention, on augmentera les cotisations des artistes ! Il ne faut pas avoir peur de dire : «On verra bien».


 Françoise Monnin
29.10.2002