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Expositions

Au bonheur d’Émile Zola

La Bibliothèque nationale met en scène l’influence de l’histoire et de la vie de l’auteur naturaliste sur son œuvre.


Raffaëlli, Portrait d’Emile Zola
sur l’exemplaire d’Edmond de
Goncourt de L’Assommoir
,
BNF livres rares. © BNF.
PARIS. Avec l’exposition sobrement intitulée «Zola», la BNF n’a pas conservé le parti-pris grandiose adopté pour «Hugo, l’homme océan». Ici, point de rangées de pupitres renfermant de précieux manuscrits mais une présentation qui vise à révéler les interférences de l’histoire et de la vie sur l’œuvre. Cette mise en contexte est d’autant plus efficace que les documents choisis sont évocateurs comme L’Atelier aux Batignolles de Fantin-Latour où figure Zola, seul écrivain parmi les jeunes peintres dont il prendra la défense, et les vues en grand format d’un Paris métamorphosé par les chantiers d’Haussmann et par la Commune. De même, la visée encyclopédique qui prévalait pour Hugo a cédé la place à une présentation plus synthétique.

De Thérèse Raquin aux Évangiles
Trois temps ont été distingués. Celui de l’apprentissage, dominé par l’influence des auteurs romantiques, s’achève avec la mise en place du projet des Rougon-Macquart. De nombreux documents retracent ce travail préliminaire à la rédaction : la liste des romans prévus, des tableaux généalogiques ou une page de diagrammes représentant les influences héréditaires qui s’exercent sur les personnages. La longue fresque, rédigée entre 1871 et 1897, est évoquée autour de thèmes omniprésents : Paris, les femmes, la nature, les machines et la folie. La méthode de Zola est également rappelée. C’est celle d’un auteur qui, pour «inventer vrai», accumule une documentation réaliste enrichissant la vision poétique de l’œuvre à écrire. L’exposition se conclut sur le temps de l’utopie, les années 1898-1902. L’utopie, c’est ce que Zola met en scène dans son dernier cycle romanesque, Les Évangiles. Mais c’est également l’engagement déployé dans le cadre de l’affaire Dreyfus, avec un enthousiasme dont témoignent les lettres quotidiennement envoyées à Alexandrine, son épouse.


 Zoé Blumenfeld
31.10.2002