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Expositions

Frank Horvat, Le Sphinx (G bis), 1956
© Galerie Dina Vierny


Frank Horvat aux Folies-Bergère

La galerie Dina Vierny expose le travail du photographe sur le monde de la nuit parisienne, produit dans les années cinquante.

Sous le titre de Strip-tease, l'exposition nous permet de fréquenter les belles adresses des décennies de l'après-guerre : le Sphinx, les Folies- Bergère, le Crazy Horse. Horvat fréquente ces lieux à la demande d’un « Men’s Magazine » de New York, à l’époque où Paris demeure le haut lieu de ce genre de divertissement. L’artiste traque les dernières strip-teaseuses parisiennes à officier avant la révolution sexuelle.

Un homme assis à une table, un corps nu, flou, sur le devant de la scène, une femme en coulisse, un tableau représentant… une femme. Dans cette image, l’artiste joue avec les regards. Le thème s’y prête : comment traiter du strip-tease sans évoquer le spectateur ? Horvat a su capter le voyeurisme de la salle avec beaucoup d’humour. Qu'observe donc cette femme au lorgnon, prise au Lido ? Ou encore ces personnes âgées, comme médusées par les ressources infinies du Paris by night ? Nous sommes à la veille de l’interdiction d’un spectacle qualifié de vulgaire. Il prend dans l’objectif du photographe une réelle dimension artistique.

Sur ce sujet qui pourrait facilement verser dans le scabreux ou le vulgaire, Horvat joue la simplicité et l'honnêteté. Pionier, il s'intéresse autant aux coulisses qu'au spectacle. Derrière les jeux de lumières, les ombres portées et les mantilles se cachent des corps, souvent en pose, parfois nonchalants. Et des visages, dont un revient sans cesse, celui d’Yvette, rebaptisée Lili Niagara pour son spectacle au Crazy Horse d'Alain Bernardin. Dans Le Sphinx. Autoportrait, elle est seule dans sa loge, face à son miroir. Fin de l'artifice…


 Stéphanie Magalhaes
12.10.2001