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Politique culturelle

Le Centre Pompidou s’installe à Metz

Alors que le Guggenheim fait marche arrière, l’institution parisienne pose le premier jalon de son réseau.


Le Centre Pompidou, Paris.
© G. Meguerditchian, Centre
Pompidou.
Le ministre de la Culture, Jean-Jacques Aillagon, et le maire de Metz, Jean-Marie Rausch, ont officiellement annoncé le 9 janvier la création d’un Centre Pompidou en Lorraine. À son ouverture, en 2007, il accueillera, par rotation, une partie des collections du Musée national d’art moderne (MNAM) - dont 3% seulement des 50 000 œuvres qu’il possède sont exposées aux quatrième et cinquième étages du Centre Pompidou à Paris - et pourra organiser des expositions temporaires. Dans le derby lorrain, qui opposait Metz et Nancy, et qui a été arbitré lors de la visite du ministre en décembre, la première a probablement fait valoir une meilleure desserte internationale et l’engagement d’utiliser des espaces plus alléchants. «Le Centre Pompidou sera installé derrière la gare, à deux minutes du centre-ville, sur l’emplacement de l’ancienne gare de marchandises, explique Jean-Marie Rausch. Nous sommes au croisement des autoroutes entre les Pays-Bas et le sud de l’Europe, et entre l’Allemagne et Paris. Et en 2007, nous aurons aussi le TGV !» Nancy n’en finit pas de panser les plaies causées par une autoroute mal tracée… Même si le président du Centre Pompidou, Bruno Racine, souligne que le choix a aussi tenu compte de l’agenda très chargé de la ville de Stanislas, qui est «engagée dans des projets culturels de très grande envergure tels que Artem et le Siècle des Lumières en 2005, auxquels l’État apporte son soutien.»

Beaubourg Italia, Beaubourg Deutschland ?
Le parallèle avec le Musée Guggenheim de Bilbao est inévitable, même si les budgets annoncés pour le projet messin (35 millions €) ne permettent pas réellement de rivaliser. «Le coût ne sera pas entièrement supporté par la ville, précise par ailleurs Jean-Marie Rausch. Y contribueront également la communauté d’agglomération et la région. Et nous espérons avoir une aide de l’État dans le cadre d’un contrat de plan. Bien sûr, le Guggenheim est beaucoup plus important mais ce que j’en retiens, c’est l’idée d’un bâtiment révolutionnaire que les gens viennent voir de loin. Nous avons six mois pour travailler sur l’implantation et la programmation. Fin juin, nous lancerons un concours international d’architecture. Après l’aventure lorraine, d’autres ambitions ? Bruno Racine indique que des discussions sont en cours, «notamment en Allemagne et en Italie».


 Rafael Pic
20.01.2003