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Marché

Bernard Blondeel, galeriste

Avant de quitter le milieu du marché de l’art, Bernard Blondeel, se remémore ses débuts.


Bernard Blondeel
© Alain Le Breton.
Tout à commencé à Anvers en 1972 lorsque j’ai ouvert ma première galerie d’art contemporain, rue Léopold, en plein centre-ville. C’était d’un espace blanc de neuf mètres de large sur vingt mètres de long. J’y organisais des expositions en semaine et des séances de ciné-club le week-end. Quand arrivait le vendredi soir, nous enlevions les œuvres et mettions en place des chaises pour les spectateurs. Le dimanche, il fallait faire l’inverse. La salle comptait près de quatre-vingts places et nous organisions deux séances par soirée, le vendredi et le samedi. De temps en temps, elle était remplie, parfois il n’y avait qu’un spectateur... Mais nous projetions toujours les films ! Un petit bar improvisé dans un coin de la pièce ajoutait à la convivialité du lieu. Les gens qui venaient au cinéma ne visitaient pas obligatoirement la galerie. J’ai gardé quelques bons amis de cette époque.

Du contemporain à l’antiquité
Si j’ai choisi la voie de l’art contemporain c’est par esprit de contradiction avec ma mère qui travaillait dans les antiquités. Mes artistes, je les trouvais dans mon entourage mais aussi à l’Académie des beaux-arts ou encore dans les bistrots. C’est souvent dans les bistrots que l’on fait la connaissance des artistes… Karel Appel, Luc Deleu, Philip Francis et Dominique Stroobant exposaient régulièrement dans la galerie. Ma préférence allait à l’art abstrait et aux œuvres conceptuelles en passant par les avant-gardes, bien sûr. Je ne tenais pas compte du marché et c’est encore le cas aujourd’hui. Je me suis toujours fié à mes goûts personnels avant tout. Un souvenir marquant de cette époque ? Un coup de poing que m’a donné un artiste lors de la foire d’art contemporain de Bologne. Il était tout simplement fâché que j’aie réussi à vendre l’une de ses œuvres ! Parallèlement à cette expérience dans l’art contemporain, j’ai ouvert, dès 1973, une galerie d’antiquités. On gagne mieux sa vie en vendant des antiquités… Aujourd’hui, je me retire de la profession pour entreprendre des projets personnels dans un domaine qui me tient à cœur : le cinéma.


 Stéphanie Magalhaes
05.02.2003