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Marché

Encore Picasso

Alors que les experts soulignent la difficulté qu’ils ont eu à «remplir» les catalogues, les ventes londoniennes feront figure de test.


Pablo Picasso, Femme dans un
fauteuil
, huile sur toile, 1932,
92 x 73 cm, estimation : 4 / 6
millions £. © Christie’s.
LONDRES. Le 3 février, Christie’s prépare un véritable marathon de trois vacations. Repoussée, pour ne pas passer dans l’ombre des quatre cents lots expressionnistes de la collection Beck dispersée pour plus de 14 millions £ au mois d’octobre dernier, la vente d’art allemand et autrichien ouvre le bal : 37 œuvres culminant avec les 900 000 £ auxquels sont estimés les Tournesols d’Emil Nolde. Lui succèderont une quarantaine de lots impressionnistes et modernes puis autant de pièces surréalistes. Parmi les temps forts de cette soirée, il faut attendre les Canotiers à Argenteuil (2,5 millions £), une toile de Renoir acquise par l’Américain Robert Sterling-Clark auprès de la galerie Durand-Ruel, ou un portrait de Marie-Thérèse Walter par Picasso (4 millions £) qui rappelle celui qui a été emporté pour près de 16 millions £ au mois de juin dernier. Überbrücktes, une aquarelle sur toile caractéristique de la période divisionniste de Klee (2,5 millions £), et Convolvulus ! Convolvulus ! (400 000 £), l’une des toutes premières peintures réalisées par Max Ernst à son arrivée au États-Unis devraient également susciter l’intérêt des collectionneurs.

Pour les «Amateurs de tableaux»
Si elle n’avait été saisie dans les salons parisiens de l’hôtel Drouot, l’une des deux versions connues des Amateurs de tableaux de Daumier (350 000 £) aurait bien pu servir de symbole à ces ventes… C’est l’une des toiles qui ouvrira la vente du soir de Sotheby’s. Contrairement à son concurrent, l’auctionneer a réunit 55 lots en une seule vacation dont les estimations vont de 50 000 £ pour un bouquet de Chrysanthèmes et fleurs diverses de Fantin-Latour à 2 millions £ pour une grande toile de Bonnard. La carrière de l’ancien «nabi japonnard» est en effet évoquée par le biais de deux peintures intimistes et lumineuses qui soulignent la fidélité de Bonnard à son modèle, sa compagne Marthe. On la voit faisant sa toilette au tub en 1914 (600 000 £) puis, en 1932, prenant son petit déjeuner au Cannet sous le regard du peintre qui apparaît dans un miroir, derrière elle. Dans la section surréaliste, la Belle de nuit de Magritte (700 000 £), présentée lors de la rétrospective du Jeu de Paume, disputera la vedette à deux huiles de Dali : une version revisitée de l’Adoration des mages, Naissance du nouveau monde (700 000 £), et la provocante Jeune vierge autosodomisée par les cornes de sa propre chasteté, mise en vente par la revue Playboy qui la possédait depuis plus de trente ans (1,3 million £).


 Zoé Blumenfeld
03.02.2003