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Marché

Maastricht, un mois avant…

La foire internationale d’art et d’antiquités néerlandaise prépare sa seizième édition.


Gian Lorenzo Bernini,
Modèle pour la Fontaine
du Maure
, terre-cuite,
vers 1653, H. 80,5 cm.
© Salander O’Reilly Gallery.
MAASTRICHT. L’an passé, ils étaient près de 75 000 visiteurs à avoir fait le déplacement pour The European Fine Art Fondation (TEFAF) et admiré la Minerve de Rembrandt apportée par Otto Naumann ou l’Étude de femme éplorée de Michel-Ange, un dessin retrouvé à Castle Howard et cédé par Jean-Luc Baroni à un collectionneur américain. Cette affluence record et la bonne tenue des ventes avaient constitué une agréable surprise après l’annulation de l’International Fine Art & Antique Dealers Show de New York, suite aux attentats du 11 septembre. Cependant, les exposants avaient tous noté l’absence de certains grands acheteurs américains. Un phénomène contrebalancé par la venue des Italiens, des Espagnols ou des Portugais, dont la présence s’accroît d’année en année, parallèlement à celle des antiquaires de ces pays.

Une terre cuite inédite du Bernin
À un mois de l’ouverture de TEFAF, le centre des expositions de Maastricht, situé en périphérie de la plus ancienne ville néerlandaise, s’apprête à se transformer à nouveau en musée imaginaire… Et la «crème» des antiquaires redouble d’efforts pour présenter des œuvres de qualité. Les Salander O’Reilly Galleries de New York annoncent déjà une terre cuite du Bernin, récemment redécouverte. Ce modèle pour la Fontaine du Maure de la place Navone sera proposé pour plus de 10 millions $. On trouvera également un service à dessert inédit en porcelaine de Meissen créé dans le style chinois vers 1767 (Angela Gräfin von Wallwitz), un portrait de Diderot saisi par celui qui suscita son enthousiasme lors du Salon de 1765, Jean-Baptiste Greuze (Hall & Knight), ou une effigie équestre de Gordien III et de son successeur Philippe l’Arabe, l’un des rares petits bronzes impériaux qui nous soit parvenus de l’Antiquité (Weber Kunsthandel).

L’art moderne progresse
Une fois les stands installés, des experts indépendants, spécialistes de chacun des domaines représentés - peinture, œuvre graphique, argenterie, sculpture, joaillerie, textile, art primitif, Extrême-Orient, livre, horlogerie… - disposeront de trois journées pour passer en revue les œuvres exposées. Sur une liste de deux cents exposants venus de treize pays différents, les nouveaux participants illustrent la place croissante attribuée à l’art moderne. La Jablonka Galerie de Cologne proposera des toiles de Miquel Barceló et Philip Taaffe, tandis que la galerie Odermatt-Vedovi apportera des sculptures de Germaine Richier et des peintures de Magritte, d’Ernst ou de Masson. Quant à Sperone Westwater, de New York, elle exposera Konelly, une accumulation de Frank Stella, et un Concetto Spaziale de Lucio Fontana.


 Zoé Blumenfeld
21.02.2003