Accueil > Le Quotidien des Arts > Fouquet, l’œuvre intégrale

Expositions

Fouquet, l'œuvre intégrale

Une rétrospective rassemble la totalité du premier peintre d’histoire, Jean Fouquet.


Jean Fouquet, Louis XI présidant
un chapitre de l’ordre de St Michel
,
status de l’ordre de Saint-Michel.
© Bibliothèque nationale de France.
PARIS. Natif de Tours, Jean Fouquet (vers 1420 - vers 1478/1481) doit sa renommé à ses talents de portraitiste et d’enlumineur très prisés par la noblesse française. Pour cette exposition majeure, la Bibliothèque nationale de France a choisi une muséographie minimaliste : les manuscrits sont présentés dans de petites fenêtres ouvertes dans les grands murs blancs ou dans des vitrines trop profondes pour apprécier les détails des enluminures. Loin du monde intimiste des bibliothèques princières du XVe siècle, les miniatures sont ainsi propulsées dans une époque qui leur correspond bien peu. Heureusement, le grand Portrait de Charles VII est là pour rappeler le contexte historique. L’intérêt de l’exposition repose donc essentiellement sur le rassemblement exceptionnel d’œuvres de qualité prêtées par des musées français, américains, allemands ou russes. Parmi les pièces phares de la présentation figurent l’autoportrait en émail sur cuivre provenant du Diptyque de Melun, sept feuilles du Livre d’Heures d’Étienne Chevalier et un exemplaire des Grandes Chroniques de France. On regrette que le dessin préparatoire au portrait du Chancelier Guillaume Jouvenel des Ursins - présenté avec deux autres travaux graphiques - ne soit pas exposé sur le même pan de mur que l’œuvre achevée…

À l’école de Fouquet…
Au regard des nombreuses copies faites à partir d’œuvres aujourd’hui perdues de l’artiste, comme le Portrait du Pape Eugène IV ou encore le Portrait d’Agnès Sorel, l’influence de Jean Fouquet n’est plus à prouver. Ce sont parfois des ouvrages entiers qui sont repris comme le livre d’Heures Raguier-Robertet dont les enluminures se retrouvent dans un autre livre d’Heures angevin. L’exposition fait le point sur l’ampleur du rayonnement de l’artiste jusqu’à son mystérieux disciple, le maître du Boccace de Munich, qui participe à la réalisation de commandes aussi prestigieuses que Les Antiquités judaïques à partir de 1460. Simple collaborateur ou élève émérite ? Si aucun témoignage ne confirme l’existence d’un atelier, des documents attestent l’existence des deux fils de l’artiste, Louis ou François. Le «mystère Fouquet» demeure.


 Stéphanie Magalhaes
15.04.2003