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Patrimoine

Carmona, le mystère de l’éléphant

A 30 kilomètres de Séville, dans la vallée du Guadalquivir, la ville de Carmona détient des vestiges impressionnants de l’invasion romaine.


© D. R.
Malgré son état de conservation médiocre, la nécropole permet de découvrir des tombes des Ier et IIe siècles. La « Tombe de Servilia » se différencie des structures traditionnelles présentes dans la nécropole car c’est une véritable demeure sur plusieurs étages avec un patio des pièces. La « Tombe de l’Eléphant », une vaste fosse composée de chambres souterraines, accessible par un escalier, est un élément majeur de la nécropole. Dédié aux divinités Cybèle et Attis, ce sanctuaire atteste de l’influence des civilisations orientales sur les habitants de la ville. D’autres trouvailles dans la nécropole ont montré que le culte d’Attis, dieu de la végétation d’origine phrygienne, qui mourait et ressuscitait chaque année, était enraciné chez les habitants de Carmona. Attis était aimé de Cybèle, déesse de la fertilité, représentée par une pierre ovoïde. Le culte de ces deux dieux, liés à de nombreuses cérémonies initiatiques au IIIe siècle av. J.-C. dans le monde gréco-romain, est considéré comme la première religion orientale officiellement introduite à Rome. La figure de l’éléphant, représentée à Carmona par une statue en pierre encastrée dans la roche, a exercé une telle fascination depuis sa découverte qu’elle en est devenue le symbole de l’éternité.


 Anouchka Roggeman
12.07.2003