Accueil > Le Quotidien des Arts > Saint-Germain accueille les mondes lointains

Dernière heure

Saint-Germain accueille les mondes lointains

La deuxième édition de « Kaos - Parcours des mondes » réunit à Paris quelques grands noms de l'art primitif.


Appuie nuque unguna, Ile Rennel, bois et
fibre, H : 14,3 cm , L : 32 cm, galerie
Voyageurs et Curieux
PARIS. Le principe est simple : réunir la «crème» des galeries d'art primitif sans les contraintes d'un salon, en laissant au visiteur le plaisir de déambuler dans un des plus beaux quartiers de la capitale. La solution choisie est originale pour le monde de l'art, pas toujours enclin à partager : les galeries étrangères sont hébergées chez des confrères français, habituellement spécialisés en art contemporain. La recette semble fonctionner. C'est du moins ce qu'affirme Rik Gadella, le concepteur de la manifestation, qui a déjà Paris Photo et XXe siècle à son arc. «Nous avons cette année deux fois plus d'exposants avec vingt galeries françaises et vingt galeries étrangères. A l'art océanien et africain, qui se mélangent bien, nous avons rajouté l'art asiatique. Nous pourrons grandir encore un peu l'année prochaine, sans toutefois dépasser les cinquante galeries.» Six rues concentrent les quarante participants : Visconti, des Beaux-Arts, de Seine, Mazarine, Callot et Guénégaud, avec un avant-poste éloigné, la galerie Maine-Durieu, quai des Grands-Augustins.


Statue de jeune reine Baoulé
Côte d’Ivoire, bois dur,
patine marron, perles et tissus
de traite. H : 51,5cm; coll. Michel
Gaud (St Tropez), galerie Bernard Dulon
De 300 à… 300 000 euros
«Pour nous, c'est le moyen de sentir le marché, de recevoir des collectionneurs belges et hollandais, d'être de plain-pied avec la rue, ce qui n'est pas possible dans nos locaux beaucoup plus "privés" de New York» explique Carlo Bella, le directeur de Pace Primitive, logé, avec l'Anversois Marcel Nies, chez Nicolas Deman. La Grande Masse des beaux-arts, à l'angle des rues Callot et Mazarine, est le quartier général de la manifestation. On peut y voir les images réalisées en 1935 par Walker Evans sur l'art africain, à la demande du Museum of Modern Art de New York. Chaque tirage est vendu 6000 euros. La volonté affichée des organisateurs d'ouvrir l'art primitif à un public plus large suppose cependant des premiers prix accessibles. Les néophytes pourront ainsi trouver des objets à quelques centaines d'euros, des petites figurines Akan chez Bernard Dulon au masque tressé «avec des oreilles» - utilisé dans des rituels océaniens sur la végétation - chez Vanuxem. Mais le même Bernard Dulon propose aussi une statue baoulé à 300 000 euros et Jacques Barrère réserve un superbe Bouddha assis en grès (Chine, dynastie Tang) au Musée Guimet…


 Rafael Pic
11.09.2003