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Expositions

La Biennale de Lyon trouve un second souffle

Pour sa septième édition, la manifestation se redéploie dans toute la ville et mêle efficacement les générations.


Gustav Metzger Liquid crystal
environment, 1965 / 1998 / 2002
© Migros museum, Zürich
LYON. Venise n'est qu'à quelques centaines de kilomètres et la biennale n'y est pas encore finie. Il en va de même pour Valence, en Espagne. Comment celle de Lyon pourra-t-elle tirer son épingle du jeu ? Le problème est plus général et Thierry Raspail, le directeur, l'avait souligné lors de la présentation, en juillet à Paris, du cru 2003 : on se trouve aujourd'hui en présence d'une offre pléthorique, avec quelque vingt-cinq biennales d'art contemporain de par le monde, contre une poignée il y a vingt ans. Des artistes plus productifs, de nouvelles occasions de voir de l'art, voilà autant de points positifs selon Thierry Raspail. Mais attention à la massification et à ses dérives. «Aujourd'hui, on exhibe plus qu'on n'expose» concluait Thierry Raspail, soulignant que sa Biennale entendait réagir contre cette tendance.


Jeong Hwa Choi Flower tree, 2003
© Jeong Hwa Choi, Gasum
Le retour de Metzger
Le commissariat a été confié au Consortium de Dijon, un trio composé de Frank Gautherot, Xavier Douroux et Eric Troncy, qui a fait ses preuves en accompagnant Boltanski, Lavier ou Pierre Huyghe. Si le titre général de la manifestation est quelque peu obscur - C'est arrivé demain fait référence au film de René Clair et pose l'interrogation : peut-on empêcher le futur programmé d'advenir ? - le choix est éclectique. Les installations effectuent un retour en force - voir l'immense création de Kelley et McCarthy au Musée d'art contemporain - et les valeurs sûres, de Yayoi Kusama à Piero Gilardi et Larry Clark, se mêlent aux artistes «émergents» - Jim Drain et ses kaléidoscopes, Sara Rossi et ses contes photographiques. On reverra avec intérêt de grands anciens comme Bruno Gironcoli ou Gustav Metzger, né en 1926, marqué par le cauchemar de la guerre et devenu apôtre d'un «art autodestructeur», avec ses toiles passées à l'acide.

Plonger dans la Sucrière
La Biennale de Lyon se rénove surtout dans ses lieux d'exposition. Abandonnée l'immense halle Tony Garnier, c'est la Sucrière, une ancienne raffinerie entièrement restaurée qui est devenue le point focal de la manifestation. La Biennale se veut désormais un véritable parcours urbain, comme c'est le cas à Venise, puisque quatre autre espaces accueillent des expositions : le Musée d'art contemporain, le Musée des beaux-arts, le Rectangle et l'Institut d'art contemporain de Villeurbanne. On regrettera que la visite virtuelle, pour sa part, ne soit encore que balbutiante. Le site internet www.biennale-de-lyon.org ne propose que quelques lignes succinctes et annonce la sortie d'une version définitive pour juillet 2003. Que l'on attend avec impatience…


 Charles Flours
18.09.2003