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Patrimoine

L'Orangerie condamnée au mur

L'importance des vestiges défensifs découverts dans le chantier du Musée de l'Orangerie exclut leur destruction. Les Nymphéas de Monet devront s'en accomoder.


Chantier du Musée National de
l'Orangerie, détail du rempart.
Photo : Jean-Christophe Ballot
/ EMOC novembre 2003
PARIS. Lorsque, en janvier 2000, le Musée de l'Orangerie a été fermé, le projet était clair. Il s'agissait de retirer les «extensions disgracieuses» qui avaient été ajoutées au cours des années au sanctuaire des Nymphéas et de rendre à ce célèbre cycle pictural la lumière naturelle que voulait Monet. Il s'agissait aussi de mieux exposer la collection Walter-Guillaume et de doter l'établissement de toutes les installations nécessaires à un musée du XXIe siècle, en termes de réserves, d'espaces pédagogiques ou de vente. En août 2003, le chantier mené par les architectes Brochet-Lajus-Pueyo a rencontré un obstacle imprévu au niveau des fondations : les restes d'une muraille de plusieurs siècles. Ce mur a été mis au jour sur une soixantaine de mètres. Sa disposition en diagonale par rapport aux salles du musée posait un problème insurmontable : il fallait le démolir ou redessiner le projet muséographique.


Plan des travaux au Musée de
l'Orangerie. En rouge, les deux
tronçons de la muraille qui seront
conservés soit, au total, 41 mètres.
Les Fossés jaunes, de Charles IX à Louis XIII
Le suspense a duré plusieurs mois, alimenté par l'incertitude sur la datation de ces vestiges. Comme l'a rappelé Jean-Jacques Aillagon lors de sa conférence de presse du 23 janvier, ils ont été tour à tour attribués à Charles IX, à Henri III, à Louis XIII. La commission nommée en septembre et la fouille systématique ont permis de préciser ces données et de montrer que la construction de ce mur d'enceinte en pierre de Saint-Leu, dit des «fossés jaunes», s'est effectivement étendue sur une longue période, de 1566 jusqu'aux années 1632-37, sous le règne de Louis XIII. Après avoir soigneusement intégré dans le parcours du Louvre d'autres portions des murailles parisiennes - celle de Philippe-Auguste sous la Cour Carrée et celle de Charles V sous les jardins du Carrousel - il aurait été curieux de laisser celle-ci au pic du démolisseur. Même si elle est incomplète (les 4 mètres visibles ne représentent que le tiers de sa hauteur, le tiers supérieur ayant disparu, le tiers inférieur étant en partie sous le niveau de la Seine), son importance historique est évidente.

3 millions pour le mur
Jean-Jacques Aillagon a rendu sa décision le 23 janvier. Sur les 55 mètres de muraille courant sous le musée, 41 seront conservés, c'est-à-dire démontés et remontés dans les salles, où ils seront mis en valeur. La partie retirée sera visualisée sur le sol. Ces 41 mètres sont divisés en deux segments : le plus important (près de 30 mètres) se trouve au niveau des locaux techniques et des salles d'expositions temporaires. L'aménagement de cette partie devra être revu. Le surcoût est de l'ordre de 15% : l'intégration de la muraille ajoutera 3 millions d'euros à un budget initial de 20 millions. Elle entraînera évidemment un retard dans la livraison : le nouveau Musée de l'Orangerie ne sera pas visitable avant le début de l'année 2006, c'est-à-dire avec un an de retard sur le calendrier initial.


 Rafael Pic
26.01.2004
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