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Expositions

Jô Kanamori © Kishin Shinoyama

Danse avec les robots

Dans le cadre de la manifestation «Hommes et robots», la Maison du Japon présente Wall, une chorégraphie minimaliste et provocatrice de Jô Kanamori.

Né en 1974 d'un père danseur de jazz, de ballet et de music-hall, Jô Kanamori a été l'élève de Maurice Béjart à 14 ans, puis danseur du Nederlands Dans Theater II de Jiri Kylian. Membre de l'Opéra national de Lyon, il reçoit en 1998 le prix « K » du meilleur danseur. En 2001, il retourne au Japon et se lance en indépendant, travaillant notamment pour le Ballet du Nouveau Théâtre National de Tôkyô. En avril 2003, il participe à ROBODEX2003, un salon de robotique à Yokohama. Il y propose une création originale : une chorégraphie pour robots de deux centimètres de haut.

Homme ou robot, il faut choisir
Pour ce spectacle, aucun robot, ni microscopique ni à taille humaine. Simplement six danseurs, trois filles et trois garçons, tous vêtus d'un t-shirt rouge, d'une planche posée à la verticale faisant office tantôt de porte, tantôt de table ou encore de tableau, et d'un mystèrieux bloc de glace renfermant une rose rouge. Si Jô Kanamori a choisi de ne pas user d'artifices technologiques, ni d'effets spéciaux mais d'évoquer de façon minimale la relation homme-robot, c'est sans doute pour que le spectateur comprenne que ses danseurs sont tous animés d'une question existentielle : où est l' homme, où est le robot et surtout qui commande ? L'un ou l'autre ? Questions pour le moins provocatrices pour qui connaît la coexistence de l'animisme et des technologies de pointe au japon : souvenons-nous du succès impressionnant du Tamagoshi, ce petit être virtuel que son « maître » devait nourrir et qui a provoqué des drames lorsque la « chose » venait à s'éteindre… En Occident, à l'opposé, le robot est appréhendé comme un être froid et dénué de sentiments. Ainsi, cette phrase, qu'un danseur vient inscrire sur la planche, en japonais et à la craie - « C'est difficile de trouver le bonheur » - signe la fin et nous renvoie à l'aliénation de l'homme par la machine. Le tout sur fond de musique concrète, sacrée et classique…




 Anne Bichon
23.01.2004
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