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Musées

Couverture, Statue commémorative d'une princesse, Bois et pigments, H :85 cm, culture Bangwa (Cameroun, Grassland), © Musée Dapper, Paris, photo : Hughes Dubois.


Détail de Figures cultuelles Edan, Laiton et fer, H : 30 cm, 18e-19e siècles, culture Yoruba, Nigéria, © Musée Dapper et Hughes Dubois, Bruxelles-Paris.


Les ambitions de Dapper

Le Syndicat National des Antiquaires a décerné son nouveau prix à un ouvrage sur l'Afrique, coordonné par Christiane Falgayrettes Leveau, directrice du musée Dapper.

Que récompense ce prix, décerné avant-hier par le S.N.A., à l'occasion de son centenaire?
Christiane Falgayrettes-Leveau.
Un projet développé en collaboration avec Gallimard. Jean-Loup Champion, responsable des livres d'art, appréciait ce que nous faisions au musée Dapper. Après deux ans de fermeture pour rénovation, le musée a rouvert avec une exposition généraliste, qui a duré cinq mois, jusqu'en juin 2001. ll s'agissait d'un panorama - non exhaustif - des cultures les plus importantes du continent africain, qui abordait uniquement la statuaire (statues et masques). L'idée était d'étudier le sujet en profondeur, en remontant jusqu'au 11e siècle. Une douzaine de musées ont prêté des œuvres, parmi lesquels le Louvre, le Metropolitan, le musée Rietberg, des musées allemands, etc.

L'ouvrage honoré correspond donc à cette manifestation inaugurale.
Christiane Falgayrettes-Leveau.
Oui et sa genèse a duré plus de 3 ans. J'ai choisi 11 auteurs très divers pour sa rédaction. Parmi ceux-ci, on trouve une historienne de l'art, spécialiste des arts anciens du Bénin, un Américain qui a traité les Yoruba, un Malien, un Camerounais. Nous avons aussi inclus un texte technique, qui nous semblait important sur les problèmes de datation, pour expliquer les méthodes de la thermoluminescence ou du carbone 14.

Ce prix récompense un peu le musée Dapper et son engagement pour faire connaître l'art africain. Quels sont vos projets ?
Christiane Falgayrettes-Leveau.
Nous avons créé la fondation Dapper en 1983 et le musée lui-même en 1986. Le musée est ouvert sur l'Afrique mais aussi sur sa diaspora et il n'entend pas négliger les pratiques artistiques contemporaines. Après l'exposition de réouverture, qui a attiré 100 000 personnes, nous venons d'inaugurer la rétrospective Wilfredo Lam. Les prochaines expositions porteront sur la gestuelle kongo, sur les parures de tête - un sujet très lié au social, à l'initiation, au statut de l'individu - puis sur l'artiste sénégalais Mustapha Dimé.


 Rafael Pic
12.10.2001