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Expositions

Projet pour une marque de
peinture, 1913. Création Via Décor.
Paris © Collection Ogé Bauquin

Eugène Ogé à l’affiche

Tombé dans l’oubli, le graphiste de la Belle Epoque méritait une rétrospective à la hauteur de son talent. Nantes la lui offre.

Elève de l’Académie Jullian et de l’école Bernard Palissy, Eugène Ogé développe un véritable talent pour le graphisme publicitaire aux côtés de Charles Verneau, libraire-éditeur à Paris. Dès 1890, il participe à l’évolution de l’affiche, en donnant à l’illustration une place prépondérante au détriment du texte. En 1895, sa première lithographie est présentée au Salon des Artistes Français. Débute alors une importante collaboration entre l'artiste et les entreprises nantaises Astrolin, Cassegrain et, surtout, Amieux Frères. Chargé des affiches commerciales, Eugène Ogé est à l'origine de figures caricaturales : son personnage du petit cuisinier connaîtra un vif succès. Sa production de diversifie, de l’affiche de théâtre aux publicités commerciales en passant par la caricature des hommes célèbres. La guerre réduit le nombre de commandes entre 1914 et 1919, laissant sombrer dans l’oubli un des grands graphistes de la Belle Epoque.


La Moutarde, vers 1900
Vercasson. Nantes © Musée
du château Ducs de Bretagne
Les 130 oeuvres réunies illustrent la production de l’artiste et son évolution stylistique. A partir d’un style réaliste aux couleurs travaillées les premières années, Ogé développe un dessin puissant aux teintes primaires, favorisant les cadrages resserrés au détriment des arrière-plans. La femme et l'homme participent de manière récurrente à l'univers d'Ogé. La fin du siècle voue un véritable culte à la figure féminine. Jules Chéret, Alphonse Mucha la placent déjà au centre des compositions. Tout en appliquant les types classiques de représentation, Eugène Ogé se différencie par une mise en scène particulière et un modèle de femme très personnel : jeune, élégante et sage. Parallèlement , les petites bonnes femmes bien en chair aux attitudes de matrones, s’illustrent dans des scènes d’intérieur en louant les bienfaits de la modernité dans les tâches ménagères. Ses personnages masculins évoluent du sérieux à l’humoristique. Les acteurs de théâtre et autres participants de la vie citadine affichent de manière désinvolte leur bonhomie (Bière du lion vers 1905).


Eugène Ogé, La lanterne, 1902
Charles Verneau. Paris
© Bibliothèque Forney
Un humour qui s’attaquait parfois plus insidieusement à des sujets d’actualité politique (Les suprêmes pilules du docteur Trabant, 1900), des oeuvres interdites mais qui établirent sa notoriété artistique. Le thème de l’enfance occupe lui aussi une place importante dans sa production graphique. Prenant ses propres enfants pour modèles, Ogé s’attache tout particulièrement aux détails réalistes et aux scènes quotidiennes. Souvent associés à des produits alimentaires, certains symboles caractérisent cet univers enfantin : le chat, les motifs à carreaux et la couleur rouge. Des thèmes que Bonnard développera lui aussi dans ses oeuvres nabies de la même période.


 Stéphanie Magalhaes
24.08.2001
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