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Expositions

Maruja Mallo, Mujer con cabra, 1929
© Colección Fundación Pedro Barrié de la Maza


Quand l'Ecole de Paris prenait l'accent castillan

De l’Ecole de Paris on connaissait Chagall, Soutine ou Modigliani. A La Corogne, la fondation de la Maza fait le point sur la composante espagnole, comme nous l'explique Luis Maria Caruncho, le commissaire.

Présentez-nous cette manifestation. Quel en est le point fort ?
Luis María Caruncho.
Les 67 pièces exposées proviennent de diverses institutions : le musée national Reina Sofía de Madrid, le musée Picasso de Barcelone, le musée des Beaux-Arts de Bilbao, les fondations Pilar et Joan Miro mais aussi de nombreux collectionneurs privés. Même si la grande majorité des œuvres sont des toiles, nous exposons également des sculptures de Miro et de Dominguez, des dessins de Picasso et Gris. Plus qu'une simple présentation, l'exposition lève le voile sur ces 20 artistes espagnols de l’Ecole de Paris.

Comment est né ce groupement ? Quelle est l’importance de l’Ecole de Paris dans la création espagnole ?
Luis María Caruncho.
La dénomination d’Ecole de Paris apparaît pour la première fois en 1920 pour qualifier une communauté d’artistes, en majorité étrangers, qui se regroupaient à Montmartre et à Montparnasse. Cette école qui n’en était pas réellement une, désignait donc un groupe cosmopolite d’artistes, sans stratégie collective et sans homogénéité stylistique. Parmi les membres, il faut relever un nombre important d’Espagnols : Bores, Hernando Vines, Joaquin Peinado, Ismael Gonzalez de la Serna, Manuel Angeles de Ortiz... N’oublions pas qu’en 1907, le malaguène Pablo Picasso et le français Georges Braque ont amorcé la révolution cubiste, qu’en 1924, c’est autour d’André Breton que Dali, Miro, Luis Buñuel, Oscar Dominguez et bien d’autres ont fondé le surréalisme.

Parlez nous un peu de ces artistes.
Luis María Caruncho.
Des artistes espagnols de grande importance ont participé à l’Ecole de Paris. Nous ne pouvons pas oublier Antoni Clavé, Xavier Valls, et le très récemment disparu Antonio Saura qui passait à Paris la majeure partie de l’année. Pour revenir aux origines du groupe et se baser sur les avant-gardes historiques, il faut citer en premier lieu Picasso. L’artiste arrive dans la ville Lumière en 1900. Francisco Iturrino a fait de nombreux séjours à Paris, suffisamment pour se lier d’amitié avec Henri Matisse. Ce dernier participera à la formation de l’artiste espagnol comme en témoignent les nus et les paysages fauvistes de ces années. En 1911, lors du Salon d’Automne, un artiste a suscité les louanges de Guillaume Apollinaire : Juan de Echevarria , « Tant classique que moderne(...) L’avenir lui réserve une place d’honneur. » mais aussi : Juan gris, pancho Cossio, Celso Lagar, Jacinto Salvado, Francisco Bores, Joaquin Peinado, Manuel Colmeiro, Maruja Mallo... Faut-il rappeller au visiteur que Picasso a passé 4 ans à La Corogne, de 1891 à 1895, formation déterminante dans sa carrière d’artiste espagnol sur le sol parisien?


 Stéphanie Magalhaes
18.10.2001