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Patrimoine

Les «back to backs» au début du siècle


Les «back to backs» aujourd'hui


Un bidonville pour le National Trust

L'institution chargée de protéger le patrimoine britannique a jeté son dévolu sur l'architecture populaire «back to backs» de Birmingham.

On le connaissait pour ses châteaux, ses demeures Tudor, ses manoirs sur un littoral parfaitement préservé. Le National Trust change-t-il son fusil d'épaule ? Non, mais il vient de montrer de façon spectaculaire son attention pour l'architecture vernaculaire, dite mineure, en se portant acquéreur d'un ensemble populaire à Hust Street, dans le centre de Birmingham, la deuxième ville du Royaume-Uni par sa population.

ll s'agit des «back to backs» - littéralement «derrière contre derrière» puisque chaque file de logements était bâtie contre une autre file - des ensembles ouvriers construits au début du 19e siècle. Etroits - chaque appartement comptait trois pièces empilées l'une sur l'autre -, insalubres - on s'y pressait parfois à 10 personnes - ce type de logement s'est vu interdire de construction dès 1876. Dans les années 1960, ils ont été déclarés inaptes à servir d'immeubles d'habitation. Mais leur occupation à des fins commerciales jusqu'à nos jours les a sauvés de la destruction.

A l'origine, chaque logement abritait une famille, la pièce du rez-de-chaussée servant généralement de boutique. Tailleurs, fabricants de boutons et autres artisans y avaient élu domicile et y vivaient dans des conditions d'hygiène précaires. La restauration des «back to backs» va être prise en charge par le Heritage Lottery Fund pour un montant de 622 000 £. Le National Trust en deviendra propriétaire en 2004. Ses dirigeants ont souligné leur volonté de préserver d'autres témoignages de l'histoire sociale du pays. C'est dans cette optique qu'ont été récemment acquis et restaurés un atelier du 19e siècle dans le Nottinghamshire ou la maison de Paul Mc Cartney à Liverpool. Les Beatles aussi font partie de l'histoire sociale…


 Rafael Pic
19.10.2001