Accueil > Le Quotidien des Arts > Roubaix, le musée entre à la piscine

Musées

© La Piscine


© La Piscine


Roubaix, le musée entre à la piscine

Le musée de la ville - avec une riche collection des premières décennies du siècle - s'installe dans une ancienne piscine Art déco.

Dans un bâtiment Art déco, l’ancienne piscine de Roubaix, vient s’installer la collection d’art de la ville. L’établissement de bains, construit entre 1927 et 1932 par l’architecte lillois Albert Baert (1863-1951), avait fermé ses portes en 1985, pour des raisons de sécurité. Il ouvre de nouveaux ses espaces au public après une intervention sensible, et respectueuse de l’ouvrage, par l’architecte Jacques Philippon. L’édifice inscrit au patrimoine du 20e siècle est reconverti en un centre culturel voué à l’art textile, industrie dont vivait presque exclusivement Roubaix, ville dont l’histoire urbaine, sociale et économique est directement liée à la révolution industrielle du 19e siècle.

Dans ce cadre, la Piscine - esprit néo-byzantin et références dans le plan aux abbayes cisterciennes – se révélait particulièrement appropriée. La volumétrie intérieure de la grande nef basilicale est éclairée de vitraux qui inondent le bassin central de la lumière du jour, au levant et au couchant. Le lieu existant a permis à l’architecte de mettre en œuvre une belle transparence entre les différents espaces, tout en ménageant une progression dans l’approche de la collection. L’établissement original proposait déjà des espaces variés qui multiplient les possibilités d’exposition. Le «réfectoire des nageurs» où se tenaient salon de coiffure, de manucure et pédicure, bains de vapeur, ont laissé la place à une programmation tournée vers l’industrie textile et la mode. Cabines de douche et vestiaires sont transformées en vitrines dans lesquelles est exposé le fonds d’arts appliqués. La collection des beaux arts suit un parcours chronologique et thématique dans les anciennes ailes de baignoires, et un restaurant est installé dans l’ancienne buvette. Le bassin de 40 mètres de long peut, à l’occasion, être recouvert par un plancher pour augmenter la surface d’exposition, pour des réceptions ou des défilés de mode. Enfin, la façade principale, façade de l’ancienne usine de textile Hannart, discrètement travaillée en légers redents, qui fait face à l’école d‘ingénieurs où était installé le musée jusqu’en 1940, forme un signe fort du projet et de son inscription dans l’espace public.


 Rafaël Magrou
20.10.2001