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Expositions

Bouddha birman, Birmanie du Nord,
Royaume d'Ava, XVIIIe siècle,
bois laqué.© Galerie Katsura

Souffle zen sur la galerie Katsura

Sous l'autorité de Bouddha, voyage au pays des statues indiennes et d'Extrême Orient.

Entre le boulevard Raspail et la rue de Rennes, la galerie Katsura recèle des trésors de l’Inde et des pays indianisés. À l’entrée, le Bouddha Shakyami en teck recouvert de laque, prend la terre à témoin. La sérénité qui émane de cette sculpture révèle une production birmane du 18e siècle. À ses côtés, un bronze doré sino-tibétain du Bodhisattva Avalokiteshvara (Le grand compatissant), ses habits princiers à revers de brocart, rehaussét de corail et de turquoise. Paré d’une couronne à cinq branches, de boucles d’oreilles, de colliers et de bracelets, le protecteur de tous les êtres trône dans une « attitude d’aisance royale ».


Kubera, Inde du Nord-Ouest
Dynastie Solanki, XIe siècle,
Marbre blanc.© Galerie Katsura
La dynastie Pâla du Bengale est très présente dans la galeriie Katsura. On peut admirer un bas-relief du 11e siècle représentant Balarâma, frère de Krishna. Entouré par deux gandarva, figures féminines volantes portant une guirlande de fleurs, la divinité est protégée par les sept capuchons d’un cobra. Il porte l’araire et le pilon de mortier tandis que le cordon brahmanique marque son rang. À ses pieds, deux servantes portent des vases à offrandes. Son iconographie en fait une œuvre rare. Les inscriptions en sanskrit qui ornent un autre Bouddha Shâkyamuni donnent à cette pièce en schiste bleu une dimension mystérieure.


Bouddha thailandais,
Thailande du Nord,
période Lan na, XVIe siècle,
bronze à patine brun-vert.
© Galerie Katsura
Les propriétaires des lieux accordent sans aucun doute une place importante au raffinement de la sculpture de l'Inde du Nord. A ne pas manquer : les consoles d’architecture en forme de cavaliers montant un cheval dressé soutenaient les balcons des haveli, maisons de bois entièrement sculptées et peintes. Les deux pièces présentent des traces de polychromie sur un décor particulièrement soigné : des paons associés à différentes divinités, des perroquets symbolisant Kama, dieu de l’amour, des kinnari ou femmes-oiseaux et des palmettes. Le harnachement même du cheval recourt à un code spécifique.

Sur un socle pivotant, une divinité féminine acéphale, sculptée en ronde-bosse, nous dévoile ses charmes. Dans un sari au rendu presque cubiste, ce sont les formes généreuses de la femme qui sont ici vénérées. On trouvera dans un des ouvrages d’Anne-Marie Loth, grande spécialiste de l’Inde, la description des parures et des costumes de l’Inde ancienne. Comment ne pas être sensible devant ces Dames de cour des différentes dynasties chinoises, retrouvées dans les tombes de personnalités de haut rang. En terre-cuite recouverte d’une polychromie à froid ou d’une glaçure «dite trois couleurs », ces petites figurines accompagnaient le mort dans l’au-delà tout comme ce petit cheval mongol de Przewalski.


 Stéphanie Magalhaes
20.11.2001