ANNONCER

Accueil > Le Quotidien des Arts > Effet d’optique au Getty

Expositions

Livre camera obscura : Théâtre
de l'univers
, France, c. 1750,
bois, métal et verre, dimensions
ouvert : 56,2 x 55,2 x 36,5 cm
© Getty Research Institute,
Werner Nekes Collection

Effet d'optique au Getty

Cabinets de curiosités, œuvres contemporaines et mécanismes scientifiques sont mis en relation le temps d’une exposition.



Quel rapport y a-t-il entre une camera obscura, une boîte à souvenirs, une œuvre de Duchamp, et un mobile de Calder ? C’est ce que le Getty Museum nous propose de découvrir. Plus de 400 objets, datant du 17e siècle à nos jours, sont rassemblés afin d'établir une relation entre la science et l'art. Tous ont en commun la magie de leur dispositif, naturels ou pas, et un point de vue surprenant sur le monde. Il a fallu six ans aux commissaires d’exposition, Barbara Maria Stafford (professeur d’histoire de l’art à l’Université de Chicago) et Frances Terpak (conservateur au Getty Museum) pour réaliser cette idée originale et ambitieuse. « Coupées de leurs racines historiques, les technologies contemporaines semblent déconnectées du passé, explique F. Terpak, l’exposition relie les « mondes dans une boîte » d’aujourd’hui avec leurs équivalents du passé ».


Lucas Samaras, Mirrored Room,
1966, miroirs sur cadre en bois,
2,4 x 2,4 x 3 m
© Albright-Knox Gallery,
Don de Seymour H. Knox,
Buffalo, New York
On peut ainsi comparer la Chambre miroir de l’artiste américain Lucas Samaras, conçue en 1966, avec un cabinet de curiosité allemand du 17e, comprenant des pierres semi-précieuses, des marbres, des ivoires et des sculptures décoratives. L’un et l’autre proposent deux façons différentes de voir le monde, deux tentatives de l’englober dans une boîte, ou une pièce. Des lunettes multipliantes du 17e siècle nous donnent à voir un entourage déformé. C’est aussi le cas de l’installation de Tiffany Holmes intitulée a_maze@getty.edu, qui utilise des caméras de surveillance pour amener les visiteurs à se regarder les uns les autres d’une manière inattendue.


Cornelis Jacobus van Oeckelen,
Clarinettiste androïde, 1838
189,2 x 67,3 x 76,2 cm
© John Gaughan Collection,
Los Angeles
On apprend que les automates étaient fort appréciés au 18e siècle et l’on s’étonne devant un robot de taille humaine réalisé par Van Oeckelen en 1838, qui a fait, en son temps, le tour des Pays-Bas. Ce Clarinettiste androïde était-il un ancêtre de Unibug, insecte mécanique équipé de 20 transistors, réalisé en 1998 par le physicien Mark W. Tilden ? Plus loin, une vue d’optique du 18e siècle signée Georg Balthasar Probst nous montre Le dedans du palais de l'Empereur de Chine à Peking. Tous ces mécanismes du miracle, anciens ou récents, n’ont-ils pas en commun une volonté de perception nouvelle de l’univers ?


 Laure Desthieux
13.11.2001
Abonnement (petit)

ANNONCER