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Marché

Louis David,
Apollon et Diane perçant
de leurs flèches les filles de Niobé
,
Huile sur toile, 121 x 154 cm.
© Millon & Associés.

David : objectif 20 millions

L’étude Millon & Associés présente un grand format de Jacques-Louis David, qui sera une des vedettes des ventes de la saison prochaine.

Apollon et Diane perçant de leurs flèches les filles de Niobé est une des plus belles pièces de ces temps forts de Drouot. Il s'agit d'une huile sur toile des débuts de la carrière du peintre David, Cette œuvre, du plus grand représentant du néoclassicisme, est estimée à 20 millions de francs.

Ce tableau date de 1772, époque où David est l'apprenti de Vien et élève de l'académie de peinture et de sculpture. Il concourt pour la seconde année consécutive au prix de Rome, dans la section de la peinture historique. Le sujet mythologique est imposé par l'Académie. Il est issu des Métamorphoses d'Ovide. Niobé refuse de rendre un culte à la déesse Latone. Elle remet en cause sa divinité et sous-entend qu'elle n'a jamais été mère au regard de ses quatorze enfants. Latone demande alors à ses enfants, les jumeaux Diane et Apollon, de la venger. Ils obéissent et exécutent les filles et les fils de Niobé qui essaie désespérément de les protéger. Cette dernière sera changée par les dieux en bloc de marbre d'où jaillit une source. Le côté tragique plut au peintre : « Mon second concours pourra devenir plus intéressant, il s'y mêle du tragique ».

David, inspiré par le sujet, n'arrêtait pas de peindre et de repeindre, «sans penser que refaire sur de la peinture qui n'avait plus assez de temps pour sécher, la couleur nouvelle pourrait changer ». C'est à ce changement de couleur, qu'il attribua sa défaite au grand prix. Cette toile est une des oeuvres importantes de cette période, où l'on voit que David, malgré le sujet antique, est encore influencé par le style rococo. Il n'obtint le prix de Rome qu'à sa quatrième tentative en 1774.

La provenance de cette toile est bien établie. Elle rejoignit d'abord la collection du médecin de Louis XVI, le docteur Andry, alla chez son gendre, le comte Pierre d'Hérouville, puis chez sa veuve Clotilde de Malart qui la légua à son fils le comte Félix d'Hérouville. La toile est depuis restée chez les descendants. Le prochain propriétaire sera connu lors de sa vente à Drouot Richelieu le 18 mars 2002…


 Magali Desautez
21.11.2001