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Expositions

Portrait de l'écrivain, André Malraux
© Gallimard, Roger Parry.

Exposition imaginaire pour Malraux

A l'occasion du centenaire de sa naissance, le musée de la vie romantique rappelle les liens privilégiés de Malraux avec les grands artistes de son temps.

Au cœur des deux ateliers intimistes de l’hôtel Scheffer-Renan, une centaine d’œuvres d’artistes du 20e siècle sont réunies. Malraux, cet amateur éclairé fréquenta dès ses 19 ans les figures emblématiques de l’époque comme Max Jacob, une des personnalités de l’avant-garde, qui lui présenta ses amis. Parmi eux, Kahnweiler qui dirigeait la galerie Simon. Il publia Lunes en papier en 1921, orné de bois gravé de Fernand Léger. Malraux fut arrêté en 1923 à Phnom-Penh et condamné à trois ans de prison ferme pour un trafic de statues khmères cambodgiennes.

En 1959, Malraux devient ministre des Affaires culturelles du Général de Gaulle, jusqu’en 1969. Pendant cette décennie de pouvoir, il est connu pour la fondation des maisons de la culture, l'institution des quartiers protégés et le ravalement du Marais. Ministre très actif, il organisa la retrospective Giacometti en 1960 au musée de l’Orangerie, confia en 1961 la direction de l’académie de France à la villa Médicis de Rome à Balthus et commanda des œuvres monumentales. Au premier étage, le visiteur trouve des maquettes du plafond controversé de Chagall, commandé en 1963 pour l’opéra Garnier sur les grands thèmes mis en musique par Berlioz, Debussy, Mozart... À côté des ébauches de Chagall, d’autres esquisses sont exposées. Il s’agit des projets d’André Masson, suite à la commande en 1965, d’un plafond monumental pour le théâtre de l’Odéon sur « la comédie et la tragédie ». Des grands artistes du siècle dernier sont présents sur les cimaises et dans les vitrines : Derain, Léger, le Douanier Rousseau, Georges Rouault, Maillol, Picasso, Braque...

Celui qui aimait se définir comme "le dernier grand romantique", était un grand amateur d’art non occidental, d’Afrique, d’Océanie, d’Orient et des Amériques. Cette exposition laisse donc une place autour d’une vingtaine d’œuvres à cette passion qu’il évoque dans Les voix du silence.


 Magali Desautez
20.11.2001