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Expositions

Sous le soleil d’Arles

Les Rencontres d’Arles inaugurent cette année une édition cruciale avec une forte croissance des budgets et du nombre d’expositions. Le succès sera-t-il au rendez-vous ?


1898, Marthe (fille de Jules
Antoine).© Jules Antoine
Comme dans les grands rendez-vous cinématographiques, un hommage consacre l’oeuvre d’un auteur reconnu. Cette année, c’est Josef Koudelka qui est la star américaine des Rencontres d’Arles. Si les autres expositions couvrent plusieurs champs photographiques (portaits de famille de la fin du XIXe siècle, photojournalisme, démarches d’artistes ancrés dans des pratiques plus plastiques), le palais de l’Archevêché, le Musée Réattu et le Fret Sncf, à l’extérieur du centre ville, sont trois points de passage obligés. Au premier sont présentées des approches plus actuelles : Larry Sultan présente les coulisses d’un tournage pornographique tandis que Raeda Saadeh, une artiste palestinienne qui a grandi à Jérusalem, se met en scène en femme fatale dans plusieurs grands tirages couleurs, trace d’une dualité conflictuelle entre les cultures occidentale et orientale . Au second, sont montrés trente-six tirages d’Edward Weston légués par Jérôme Hill, artiste et collectionneur (qui fut immortalisé par Jonas Mekas dans plusieurs de ses films), tandis que les salles du musée donnant sur le Rhône sont investies par un auteur contemporain de Saint-Pétersbourg, Alexey Titarenko, dont les images noir et blanc, sorte de mixage inattendu entre nouvelle objectivité des années 1930 et pictorialisme fin de siècle, immortalisent avec beaucoup de poésie la lumière laiteuse et harmonieuse de sa ville. Dans certaines de ses photographies des vendeurs de rue se distinguent par leur netteté du flou de la foule, évoquant ainsi une Russie tout à la fois intemporelle et prise dans la vitesse du monde technologique. Au fret Sncf, si deux photographes de l’agence Magnum, Jean Gaumy et Harry Gruyaert, nous montrent les coulisses du transport de marchandises, c’est Lise Sarfati qui propose avec " Post Factum ", un voyage des plus émouvants : elle a photographié l’appartement de Marguerite Duras quelques jours après sa mort.


"Vacche" © Biasiucci
Cousins de Hollande
Ces nouvelles Rencontres sont aussi marquées par le retour des galeries. Rick Gadella, le directeur de Paris-Photo, a invité huit galeries néerlandaises (Van Kranendonk de Westeinde-Willem van Zoetendaal, Paul Andriesse et Loerakker d’Amsterdam Mkgalerie et Cokkie Snoei de Rotterdam, Flatland Galerie d’Utrecht et la Galerie Pennings d’Eindhoven). Pour ces galeries, il s’agit d’une première participation à un festival photographique, alors que la plupart d’entre elles sont plutôt labellisées " art contemporain ". Pour Cokie Snoei qui expose Nan Goldin, Andres Serrano ou encore Gilles Barbier dans son espace de Rotterdam et actuellement à Arles un artiste des plus intéressants, Bert Sissingh, «Les ventes ne devraient bien sûr pas être aussi importantes que dans une foire d’art contemporain, mais nous sommes plutôt ici pour rencontrer le public et les professionnels. Cette invitation permet de faire connaître des artistes néerlandais.». Reste à confirmer d’ici le 8 septembre qu’Arles est toujours la capitale internationale de la photographie.


 Frédéric Maufras
08.07.2002