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N° 74 - du 17 janvier 2008 au 23 janvier 2008

L'AIR DU TEMPS

L’artiste, le concessionnaire et le marteau-piqueur

PARIS – Performance peu habituelle ce mardi 15 janvier, boulevard Gouvion Saint-Cyr, chez un concessionnaire Peugeot. Devant huissier, des ouvriers armés de marteaux-piqueurs ont démoli une œuvre d’art, une niche en céramique de Jean-Pierre Raynaud. Pour Eric Neubauer, patron de la société qui avait commandé l’œuvre en 1986, il ne s’agit pas de vandalisme taliban. Dans ses déclarations à la presse, il explique qu’il avait besoin de l’accord de l’artiste pour déplacer son œuvre le temps de travaux. Ne l’ayant pas obtenue, il ne lui restait que la possibilité de la détruire devant un officier ministériel. De son côté, Jean-Pierre Raynaud aurait accepté qu’elle soit déplacée mais à ses conditions et avec ses ouvriers. Un surcoût que l’entrepreneur n’aurait pas accepté. Vérité en deçà, erreur au-delà de la Seine (Neubauer est rive droite, Raynaud rive gauche) ? Chacun prendra position. Le vrai perdant sera peut-être un autre : le mécénat d’entreprise, qui risque de voir ses ardeurs se refroidir devant des artistes contemporains trop fortes têtes…

Des images de la destruction sur www.20minutes.fr

EXPOSITIONS

Guido Cagnacci, une redécouverte

FORLI (Italie) - Sa gloire a été éclipsée par celles du Guerchin ou de Guido Reni, dont il fut un temps compagnon de route. C’est dommage car il y a chez ce peintre émilien (1601-1663) un mélange original de tension charnelle (dans ses portraits de déesses ou de personnages historiques comme Cléopâtre ou Lucrèce) et d’élévation spirituelle (dans ses tableaux d’autel pour les églises de Rimini) qui manque parfois à ses homologues baroques. Il fut même, dans la seconde moitié de sa carrière, qui s’acheva à Vienne, un peintre recherché de nus, qui se promenait souvent accompagné de jeunes femmes déguisées en hommes. Guido Cagnacci obtient enfin la rétrospective qu’il méritait, chez lui, dans le cadre du couvent de San Domenico, récemment restauré et qui accueille les musées municipaux. Pour autoriser des comparaisons, la moitié des 90 œuvres rassemblés sont de ses contemporains, comme Simon Vouet, Ludovic Carrache ou Caravage.

  • Guido Cagnacci au Museo di San Domenico, du 20 janvier au 22 juin 2008

    Le site de l’exposition

  • Là où passe Ahtila…

    PARIS – Elle décortique sans pudibonderie la trame complexe des relations sociales, au sein d’une famille, entre amis, entre amants, entre maître et esclave. Usant de la vidéo mais en respectant certaines conventions de mise en scène héritées du cinéma ou de la télévision, Eija-Liisa Ahtila (née en 1959 en Finlande) construit son œuvre sous forme de « drames humains ». Qui peuvent aussi bien être des huis clos dans la nuit scandinave que des situations désespérées sur une côte africaine. Photographies couleurs, installations à plusieurs écrans, voire sculptures : l’artiste n’hésite pas à varier les supports. Pour la rétrospective au Jeu de paume, sa première en France, elle a également produit une installation originale à 6 écrans, Who is where ? sur un épisode violent de la décolonisation en Algérie.

  • Eija-Liisa Ahtila au Jeu de paume, site Concorde, du 22 janvier au 30 mars 2008

    Le site du Jeu de paume

  • Abstractions latines

    PARIS - Dans la genèse de l’art abstrait, on connaît le constructivisme, le minimalisme, voire Cercle et Carré. Mais qui se souvient de MADI ? La Maison de l’Amérique latine exhume cet acronyme, qui vaut pour Matérialisme dialectique, et désigne un mouvement lancé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale en Argentine, par Carmelo Arden Quin et Gyula Kosice. Sur une terre à peine sensibilisée à l’art géométrique par Joaquín Torres-Garcia (Uruguayen à l’origine de Cercle et Carré), MADI va réunir de jeunes créateurs autour d’une abstraction aussi exigeante que celles qui ont alors cours en Europe. L’exposition présente les tableaux-sculptures colorés d’artistes qui aimaient incorporer d’autres formes d’expression (danse, poésie) à leur activité. MADI animera la vie culturelle de Buenos Aires jusqu’au milieu des années cinquante. Victime de dissensions internes, il connaîtra son second souffle en France, par l’intermédiaire du salon Réalités nouvelles.

  • MADI à la Maison de l’Amérique latine, du 17 janvier au 2 avril 2008-01-11

    Le site de la Maison de l'Amérique latine

  • ART CONTEMPORAIN

    Trafalgar, le club des six

    LONDRES – La capitale anglaise possède quelques-uns des lieux d’exposition les plus alléchants pour les artistes d’aujourd’hui. La Salle des turbines de la Tate Modern en est un : y placer une installation est un puissant facteur de notoriété comme on l’a vu pour Olafur Eliasson. Tout aussi recherché est le quatrième piédestal de Trafalgar Square dont nous avions dit un mot dans notre lettre du 8 novembre. Les noms des six « nominés » pour succéder en 2009 à Thomas Schütte, qui l’occupe actuellement, viennent d’être communiqués. Jeremy Deller souhaite y mettre une carcasse de voiture détruite pendant la guerre en Irak, Anish Kapoor des miroirs reflétant le ciel, Tracey Emin un groupe sculpté de petits rongeurs du Kalahari, Yinka Shonibare la maquette, dans une bouteille, du navire de Nelson. Le plus conceptuel est Anthony Gormley : il voudrait que le piédestal soit occupé pendant une année entière par le public, une personne relayant l’autre à chaque heure. De ce côté de la Manche, le favori est l’artiste Bob & Roberta Smith, qui voudrait y inscrire le message « Faites l’art, pas la guerre » - en français pour montrer que l'Haxagone pèse encore sur la scène internationale… Le choix du jury sera communiqué en mai 2008.

    Les 6 projets en images de synthèse

    LIVRES

    Le creuset symboliste

    Dans la décennie 1880, les courants dominants de l’art, l'impressionnisme et le naturalisme, s’essouflent. Se fortifiant de leur décadence, le symbolisme unit des créateurs, qui forment à travers l’Europe, de multiples écoles nationales aux coloris différenciés. Dans cet ouvrage, dont la matière est riche mais le découpage parfois complexe, sont passés en revue les principaux représentants du symbolisme : en France, Gustave Moreau, Puvis de Chavannes et Redon, en Belgique Khnopff et Spilliaert, en Angleterre les préraphaélites, en Italie Segantini et Wildt, en Suisse Hodler, etc. On a aussi plaisir à redécouvrir des créateurs moins connus comme Anquetin, Léon Frédéric ou Gallen-Kallela. Art qui privilégie l’idée plutôt que la réalité, qui s’attache à une vision subjective du monde et qui veut faire resurgir les grands mythes du passé, le symbolisme aura une belle descendance, directe ou indirecte : le surréalisme et l’art conceptuel auraient-ils émergé sans sa médiation ?

  • Le Symbolisme par Rodolphe Rapetti, collection Tout l’Art, Flammarion, 2007, 320 p., 35 €, ISBN : 978-2-0812-0783-7

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  • L'ARTISTE DE LA SEMAINE



    Fossa ubriaca, 2007, huile sur toile, 30 x 30 cm Courtesy galleria Curti-Gambuzzi

    Enzo Cucchi : survivre à la Transavanguardia

    MILAN - C'est l'un des paladins du mouvement de la Transavanguardia, lancée avec fracas au tout début des années 1980 par le critique Achille Bonito Oliva. Ses membres, dont les 3 "C" (Cucchi, Sandro Chia, Francesco Clemente) étaient l'axe majeur, s'insurgeaient contre le conceptualisme ambiant et entendaient faire renaître une peinture figurative, colorée, néo-expressionniste, mélangeant l'histoire, les angoisses métaphysiques, l'humour. Un courant aux contours très larges dans lequel Enzo Cucchi, né en 1949, a su tracer sa voie, marquée par un chromatisme fort et par une atmosphère mystérieuse, pleine d'êtres étranges.

    Dans sa dernière livraison - une trentaine de petits tableaux - Cucchi explore la figure de l'artiste sous un titre sibyllin : "Seul l'artiste italien est mélancolique". On parierait qu'il veut parler de lui…

  • Enzo Cucchi, Solo l'artista italiano è malinconico à la galerie Paolo Curti - Annamaria Gambuzzi (Via Pontaccio 19) du 15 janvier au 29 février 2008.

    Le site de la galerie Curti-Gambuzzi

  • BRÈVES

    BRUXELLES - La Foire des antiquaires de Belgique tient sa 53e édition du 18 au 27 janvier 2008, à Tour & Taxis. Elle accueille 130 exposants internationaux ainsi qu'une exposition des tapisseries Renaissance de la famille Doria Pamphilj.

    Le site de la Foire des antiquaires

    HEIDELBERG – Le modèle de la Joconde est bien Lisa del Giocondo et non Léonard lui-même ou sa mère. Un manuscrit conservé à la bibliothèque de Heidelberg lève définitivement le doute : on a retrouvé sur un exemplaire de Cicéron de 1503 les notes d’un édile florentin mentionnant les séances de pose du modèle.

    LONDRES - La London Art Fair, consacrée à l'art britannique moderne et contemporain, se tient au Business Design Center d'Islington, du 16 au 20 janvier 2008.

    Le site de la London Art Fair

    EAST LANSING, MICHIGAN – L’architecte Zaha Hadid a été choisie pour la construction du futur musée de l’université du Michigan, financé par l’homme d’affaires Eli Broad. Ce dernier est aussi à l’origine du pavillon d’art contemporain prochainement inauguré (le 16 février) au Los Angeles County Museum of Art.

    La maquette du projet sur le site de l'université du Michigan

    NEW YORK – La municipalité de New York et le Public Art Fund ont annoncé qu’ils allaient commander une œuvre d’art à l’artiste Olafur Eliasson : il s’agit de 4 chutes d’eau d'environ 30 mètres de hauteur, qui seront installées sur l’East River l’été prochain.

    Une image virtuelle sur le site bloomberg.com

    PARIS – Le musée du Louvre a confirmé en 2007 son statut de musée le plus visité du monde, avec 8,3 millions d’entrées.

    Le site du musée du Louvre

    PARIS - Le Musée d'Orsay a officiellement reçu cette semaine, grâce au mécénat de la banque HSBC, l'album des photographies de la duchesse de Castiglione, la favorite de Napoléon III, prises par Louis Pierson. Christian Bérard et Richard Avedon ont compté parmi les propriétaires de cet album. Il est exposé du 17 janvier au 20 février.

    Le site du musée d'Orsay

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