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ARCHITECTURE, URBANISME

Le Corbusier

Correspondance, lettres à la famille 1926-1946

Le premier volume de laCorrespondance de Le Corbusier nous avait déjà désarçonné tant l’auteur semblait éloigné du deus ex machina de l’architecture moderne. Mais il est vrai qu’il était jeune, pas encore quadragénaire, ce qui autorisait une liberté de parole. Pourtant, dans les deux décennies qui suivent, objet du présent tome (1926-1946), Le Corbusier intime reste attachant avec ses lettres détaillées à sa « chère petite maman », où il est question de la mort du chien Pinceau, du jardin « foutu » à cause du gel, des bains pris dans l’Allier. La période de la guerre est évidemment à scruter avec attention, Le Corbusier ayant été accusé d’antisémitisme et de sympathie pour le régime de Pétain. Son installation à Vichy pendant plus d’une année, de fin 1940 à juillet 1942, n’a rien arrangé ! On ne peut pas l’exonérer d’une tentation autoritaire, ou au moins opportuniste, mais il n’est pas aisé de porter un jugement définitif à partir de citations sorties de leur contexte… Il y a deux ans, l’UBS avait retiré Le Corbusier d’une campagne de publicité au vu de propos de ce genre : « Hitler peut couronner sa vie par une œuvre grandiose: l’aménagement de l’Europe » (lettre du 31 octobre 1940). Mais l’année précédente, le même demandait aux siens : « Cet atroce Hitler passerait-il par la Suisse ? » (28 octobre 1939). Un grand écart à l’image de l’homme lui-même, protéiforme, ambitieux, calculateur, fait autant d’ombre que de lumière…


• Le Corbusier, Correspondance, lettres à la famille 1926-1946, éditions Infolio, 2013, 1008 p., 35 €.

Le Corbusier - Correspondance, lettres à la famille 1926-1946


Critique parue dans la newsletter N° 307 - du 6 juin 2013 au 12 juin 2013

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