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ARTS DéCORATIFS

Taxidermie

Alexis Turner

Des écureuils engagés dans une partie de cartes, un banquet de homards, des agneaux siamois, un crâne de léopard transformé en encrier : ce sont quelques-unes des applications de l’art de la taxidermie au XIXe siècle. Dommage qu’il faille chausser des lunettes pour décrypter la police minuscule de cet ouvrage passionnant : en nous racontant l’art du naturaliste, il nous en apprend autant sur nous-mêmes et notre rapport aux animaux et à la mort. L’ornythorinque de Raoul Ward, en 1904, les extraordinaires oiseaux tropicaux sous cloche de la maison Gardner à Londres en 1880 ou les chiens de compagnie empaillés par Hutchings of Aberystwyth doivent se sentir bien seuls : les taxidermistes sont aujourd’hui une espèce en voie de disparition. Au Muséum d’histoire naturelle de Paris, avec le départ en 2012 de Jack Thiney, il n’en reste que deux. Seuls les chasseurs assurent un reste d’activité aux ultimes praticiens privés. Curieusement, à l’heure où ce savoir immémorial est en passe de disparaître, la mode, les marques de lingerie érotique ou les artistes contemporains (Jan Fabre, Wim Delvoye, Adel Abdessemed) en redécouvrent la fascination…


Taxidermie par Alexis Turner, Gallimard, 2013, 256 p., 35 €

Taxidermie - Alexis Turner


Critique parue dans la newsletter N° 322 - du 7 novembre 2013 au 13 novembre 2013

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