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LITTéRATURE

Nager

Richard Texier

Les artistes ont parfois un souvenir flou de leur vocation. Pas Richard Texier. Dans ce livre de mémoire, il décrit avec une précision mathématique le déclic qui lui fit embrasser la carrière des pinceaux. Ce fut un jour de sixième, dans le tome 5 du Lagarde et Michard, à la page 352. Deux reproductions côte à côte : un Miró et, surtout, un Tanguy, Jour de lenteur. Dans la ville de Niort, où vit le jeune Texier après une enfance charentaise, il n’existe qu’une librairie au maigre rayon d’art : rien sur Tanguy ! Que l’exploration était lente – mais, au fond, goûteuse et sociable - avant internet ! Le jeune homme finira par découvrir qui était ce surréaliste parti chercher fortune aux Etats-Unis avec son ami Pierre Matisse, qui lui a inoculé à jamais le virus de la peinture. Car Texier, petit-fils de chasseurs et de pêcheurs, fils de marchands de levure et de confiseries, ami d’élagueurs de peupliers, a définitivement choisi sa voie, autre : la peinture. Le livre parle de connaissances plus récentes, comme Zao Wou-ki qui l’initie à la Chine, mais son odeur la plus prégnante est celle de l’atelier du premier maître : cela sentait la térébenthine, l’huile de lin et le siccatif de Courtrai…


Nager, par Richard Texier, Gallimard, 2015, 240 p., 19 €.

Nager - Richard Texier


Critique parue dans la newsletter N° 391 - du 28 mai 2015 au 3 juin 2015

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