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ARCHITECTURE, URBANISME

Entryways of Milan

Karl Kolbitz

Depuis le XVIe siècle, rappellent les auteurs, Milan traîne comme un boulet une réputation de ville laide. Comment cela est-il possible quand on est considéré comme l’une des capitales mondiales du design ? C’est cet apparent paradoxe qui a poussé l’auteur, Karl Kolbitz, originaire de Berlin, à montrer qu’en réalité, la beauté de Milan est cachée - ce qui sied à son caractère plus introverti que celui de Rome ou Florence. Il suffit de pousser les portes des hôtels particuliers bâtis après le grand boom du début du XXe siècle (entre 1880 et 1910, la population double, dans une atmosphère d’euphorie économique) pour mesurer le soin apporté à la décoration des halls, des escaliers, des cages d’ascenseur. De la Ca’ Brütta de Giovanni Muzio (1919-23) à la Casa del Cedro de Giulio Minoletti (1951-52), marbre, cristal et bronze sont des matériaux communs. Outre les photographies sobres, frontales, respectant évidemment le parallélisme des verticales, l’intérêt de l’ouvrage tient au décryptage de tous les éléments décoratifs. Marbre de Carrare ou fleur de pêche ? Granite blanc de Montorfano ou rouge de Baveno ? Brèche de Macchavecchia, travertin de Tivoli ou calcaire de Trani ? Ces indications précieuses permettent de nourrir le sentiment du beau. Ici, un interphone qui est une sculpture d’Adolfo Wildt, là des chandeliers de Vico Magistretti ou des luminaires de Giò Ponti, ailleurs une rambarde dessinée par Ceramica San Paolo de Venise. Milan, laide ?


Entryways of Milan (bilingue anglais-italien), par Karl Kolbitz, Taschen, 2017, 384 p., 49,99 € .

Entryways of Milan - Karl Kolbitz


Critique parue dans la newsletter N° 473 - du 11 mai 2017 au 17 mai 2017

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