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NOS EXPOSITIONS DE L'ÉTÉ 2011
FRANCE

10 EXPOSITIONS A NE PAS MANQUER


Les artistes de Christian Dior, les expéditions de Segalen ou les montagnes de fer de Chillida : quelques pistes pour des découvertes séduisantes.

Canaletto, La Place Saint-Marc à Venise vue du nord de la Piazzetta vers l'Ouest avec le campanile, avant 1723,
huile sur toile, 74 x 96 cm © Sammlungen des Fürsten von und zu Liechtenstein, Vaduz–Wien (exposition à Evian).


Chillida, homme de fer

SAINT-PAUL-DE-VENCE – C’est une histoire de fidélité : Antonio Chillida (1924-2002) a été le plus jeune artiste exposé lors de l’inauguration de la fondation Maeght en 1964. Près d’un demi-siècle plus tard, alors qu’il est lui-même décédé et que son parc de sculptures au pays Basque espagnol est en difficulté (ouvert en 2000 près de San Sebastián, il est fermé au public depuis le 1er janvier 2011), ce grand ami des Maeght bénéficie d’une grande rétrospective en 150 œuvres. On y voit évidemment les monumentales Stèles et Enclumes en fer de ce « sculpteur devenu forgeron » (selon les mots de Gaston Bachelard), qui a toujours accordé beaucoup d’importance à la création pour l’espace public. Mais aussi toutes les autres facettes de son art : dessins, terres chamottées, reliefs en bois, Torse en pierre, Hommage à la mer en albâtre jusqu’aux dessins des dernières années, baptisés Gravitations, des encres sur papiers découpés.
Antonio Chillida à la fondation Maeght, du 26 juin au 13 novembre 2011
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Les tressages de François Rouan

LE CATEAU-CAMBRESIS - De Supports/Surfaces à Matisse… François Rouan, né en 1943, s’est d’abord fait connaître par sa communauté de pensée avec Viallat ou Dezeuze, animateurs du groupe Supports/Surfaces, qui remettaient en cause la toile traditionnelle. Elaborant sa propre technique dite de tressage, où il combine des bandes de papier qui font office de fils de chaîne et de trame, Rouan n’a jamais cessé d’être proche d’artistes comme Matisse ou Hantaï. Le premier est une influence marquante depuis ses tout premiers « papiers découpés » des années 1965-66. Quarante années d’évolution, où se croisent désormais la vidéo, la photographie, le dessin, montrent que la figure, sans jamais devenir pleinement reconnaissable, est de plus en plus tapie dans ces combinaisons complexes de couleurs et de découpes.
François Rouan est exposé au musée départemental Matisse, du 3 juillet au 18 septembre 2011.
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Cubisme Gris

SÈTE – Il est l’un des représentants les plus connus du cubisme « synthétique », cette deuxième phase du mouvement lancé par Braque et Picasso. Né dans une famille nombreuse à Madrid, José Victoriano González-Pérez (1887-1927) s’installe à Paris en 1906 et prend alors son pseudonyme. Il y collabore à des revues satiriques comme l’Assiette au beurre. L’exposition ne s’attarde guère sur ces débuts : débutant avec un Livre de 1911, elle s’intéresse à l’artiste lorsqu’il entre dans la confrérie cubiste, à laquelle il donnera un tour plus lumineux (il délaisse les tons gris et bruns pour des couleurs plus vives) et plus architectural. L’exposition, qui rassemble quelque cinquante toiles, accorde une attention particulière aux « rimes plastiques », des œuvres des années 1920-25, où il joue des correspondances de formes entre des objets tout à fait distincts.
Juan Gris, rimes de la forme et de la couleur au musée Paul Valéry, du 24 juin au 31 octobre 2011.
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Venet non ferreux

TOULON – La mise en image du théorème d’incomplétude de Gödel ? Des graphiques de Wall Street ? Des figures qui sont des représentations d’équation, des diagrammes, le tout sur papier millimétré ? Tout cela semble loin du Bernar Venet que connaît le grand public, celui qui plante des volutes d’acier dans la cour d’honneur du château de Versailles. C’est pourtant la même personne comme le rappelle cette rétrospective de l’œuvre peint de l’artiste. Passionné de formules et d’équations depuis ses débuts, Venet (né en 1941) les transpose depuis 50 ans sur la toile, d’abord de façon très austère, puis en y assimilant de la couleur avec le passage du temps. Des fonctions convexes, des saturations à 33 zéros, des intégrales : pour une fois, les mathématiques pourront être appréciées d’une façon originale, sans nécessité de réviser avant…
Bernar Venet à l’Hôtel des Arts, du 11 juin au 18 septembre 2011.
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Les Liechtenstein, collectionneurs au long cours

EVIAN – On connaissait le Liechtenstein comme paradis fiscal ou, accessoirement, comme la patrie d’une fratrie de champions du monde de ski alpin, les Wenzel. Depuis quelque temps, et surtout depuis la réouverture du musée Liechtenstein à Vienne, en 2004, le tranquille duché a recouvré une réputation qui lui convient tout aussi bien – celle d’un centre d’art unique possédant une collection princière exceptionnelle, enrichie de façon ininterrompue de la Renaissance jusqu’à nos jours. Après l’exposition avortée de Londres, l’an dernier, quelques-unes de ses perles font enfin le voyage jusqu’à nous. Le palais Lumière présente une centaine d’œuvres, dont des Bruegel, des Rembrandt, des Rubens, des Canaletto, parfois de grande dimension, et une belle sélection d’Amerling, artiste phare du Biedermeier. Les sculptures ne sont pas oubliées – ni, et c’est peut-être la partie la plus inattendue de l’exposition – le mobilier avec un somptueux cabinet de pierres dures de Melchior Baumgartner.
Splendeurs des collections princières du Liechtenstein au palais Lumière, du 4 juin au 2 octobre 2011.
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Relire la newsletter d'artaujourdhui.info du 2 juin 2011


Ker-Xavier Roussel, trop discret Nabi

PONT-AVEN – On l’a surnommé « le Nabi bucolique ». Ker-Xavier Roussel n’est pas le plus connu dans ce groupe de peintres dont la Bretagne a constitué l’inspiration première (ce que ce natif de Lorraine matérialisa en ajoutant le préfixe Ker à son prénom). Occulté par Gauguin, Sérusier, Maurice Denis et Emile Bernard, il devrait retrouver avec cette exposition monographique, la première en France depuis vingt ans, une place plus en vue. Dans une longue carrière artistique (né en 1867, il meurt en 1944 et les œuvres présentées vont des années 1890 à la décennie 1930) ; il a aussi bien laissé un important corpus de gravures que des décorations monumentales pour le palais de Chaillot ou la Société des nations. Les quelque cent œuvres présentées montrent son attachement aux thèmes mythologiques, aux scènes intimes (il fut le beau-frère de Vuillard) et son goût pour le paysage, qui lui fera assimiler la « leçon » de Cézanne, auquel il rendra visite, lors d’un pèlerinage à bicyclette en Provence, en 1906…
Ker-Xavier Roussel au musée de Pont-Aven du 28 mai au 2 octobre 2011
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Entre utopie et dystopie

BORDEAUX – Voilà une exposition déroutante dès l’abord : les érudits qui pourront en décrypter le titre ne seront probablement pas légion : la dystopie est l’envers de l’utopie. Pensée par un écrivain de science-fiction, Mark von Schlegell, elle essaie de montrer combien nos actuelles avant-gardes ont été contaminées par le credo consumériste. Notre monde, c’est New Dystopia, titre du dernier livre de l’auteur, qui en brosse un portrait apocalyptique. Il réunit pour cela les œuvres d’une cinquantaine d’artistes (de Cyprien Gaillard à Franz West) qui décrivent des espaces hostiles, des explosions, des radiations, des existences solitaires. Il y a cependant place pour l’espoir : c’est au fond de ce trou noir, de cette catastrophe industrielle, que peuvent naître de nouvelles utopies. Le catalogue sort lui aussi de l’ordinaire : il se présente sous la forme d’un roman, écrit par le même commissaire.
Dystopia au CAPC du 14 mai au 28 août 2011.
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Dior, homme à artistes

GRANVILLE – L’extraordinaire succès du « New Look » et de sa maison de couture font souvent oublier que Christian Dior a commencé sa carrière, dans les années difficiles autour de la crise de 1929, en tant que galeriste. Il tient un espace rue Cambacérès avec Pierre Colle où de futures gloires comme Giacometti, Calder ou Leonor Fini connaîtront leurs premières expositions personnelles. La sensibilité de Dior envers l’art contemporain se perpétuera toute sa vie comme le montre cette rétrospective qui réunit, dans sa charmante villa normande Les Rhumbs, tous ceux qui ont compté pour lui. Il y a là, évidemment, Christian Bérard, Jean Cocteau et le compositeur Henri Sauguet, mais aussi l’illustrateur René Gruau ou le photographe Willy Maywald, qu’il mettra à contribution pour forger l’image de sa maison. Les pièces exposées sont d’un éclectisme stimulant, d’une gouache de Max Jacob au peignoir créé par Edward Molyneux à partir d’un dessin de Raoul Dufy, jusqu’à la robe conçue par Esla Schiaparelli pour le cinquantenaire de la tour Eiffel.
Christian Dior, le bal des artistes au musée Christian Dior, du 14 mai au 25 septembre 2011.
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L’homme aux bandes

METZ - Il n’est pas le représentant français à la Biennale de Venise 2011 (c’est Christian Boltanski) mais il fait partie des poids lourds de l’art hexagonal, à côté d’Annette Messager, Sophie Calle ou Bertrand Lavier. Son obsession : les bandes de 8,7 cm de large (très précisément), qu’il aligne inéluctablement en blanc et en couleur. On l’a vu il y a longtemps faire scandale au Guggenheim (en 1971, lorsque son installation fut censurée, cas notable, par ses collègues artistes), puis à Paris (au Palais-Royal, en 1986). Depuis, Daniel Buren est devenu une valeur sûre : il est revenu au Guggenheim (en 2005) et a supervisé la restauration de ses colonnes du Palais-Royal en 2009-2010. Pour sa 2000e intervention, ou presque, l’artiste est resté fidèle à sa toile de bistrot. Il se déploie « in situ » à son habitude, dans un lieu qui est devenu un nouveau référent en art contemporain – le Centre Pompidou Metz.
Daniel Buren, Echos au Centre Pompidou Metz, du 8 mai au 12 septembre 2011
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Segalen, versant polynésien

DAOULAS – L’homme a laissé une trace fugitive mais éclatante dans l’album des explorateurs-ethnographes. Médecin de la marine, poète (Stèles), dessinateur, sinologue, archéologue auteur de découvertes en Chine (monuments de la dynastie Han). Victor Segalen (1878-1919) est malaisé à caser dans une catégorie, si ce n’est celle des fous de voyage. L’abbaye de Daoulas se penche sur cette figure originale en réunissant des témoignages de sa passion pour la Polynésie : masques et tikis en bois, proues de pirogue, bijoux et ornements, casse-tête des Marquises ou effigies religieuses, jusqu’à sa trousse de chirurgien. Plutôt que de grandes institutions internationales, les objets sont autant de petits bijoux exhumés de musées de province trop peu visités – du musée d’Art et d’Histoire de Langres au Château-musée de Boulogne-sur-Mer.
Victor Segalen, Rencontres en Polynésie à l’Abbaye de Daoulas, du 22 avril jusqu’au 6 novembre 2011.
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Relire la newsletter d'artaujourdhui.info du 28 avril 2011